lundi 23 novembre 2009

OCTOBRE : LA GRECE CA SE MERITE


Ce mois d’octobre s’avère être une transition dans notre périple, tout d’abord nous avons la joie de recevoir nos enfants pendant 10 jours, puis des amis qui vont se succéder jusqu’à la fin du mois. Octobre est aussi le mois de rencontres multiples et toutes très riches. Il est le mois où la météo va nous imposer une révision du plan de navigation car nous basculons brutalement de l’été à l’automne.



La Grèce : une zone de navigation délicate :
Les rencontres de navigateurs sont très importantes et lors de discussions nous nous apercevons que la GRECE est une zone où la navigation est plus ardue que nous ne l’avions imaginée.
Il y a très peu d’infrastructures qui nous permettent de nous abriter correctement, et lorsque nous sommes dans un port, mouillés sur notre ancre, cul à quai, il est hors de question de trop s’éloigner du bateau.
La météo en automne 2009 en Grèce :
La météo est imprévisible et fortement perturbée par un relief montagneux très accidenté. Nous sommes confrontés à des changements rapides de vent en directions et en forces aux passages des caps, à des effets venturi entre les montagnes, à des vents catabatiques, aux remontées des fonds qui provoquent des mers agitées alors que le vent est nul. Tout ceci nous impose d’être toujours d’une vigilance extrême et nous laissons souvent Fleur de Lune sous toilé …….
Les instructions nautiques disent « avec l’évolution de la planète, il semble que l’été se décale et se prolonge vers l’automne par une belle arrière saison »
Elles disent aussi que le printemps et l’automne sont les bonnes saisons pour naviguer en Grèce
Et bien pour nous, il ne sera rien de tout ça
Septembre a vu les orages
Octobre les dépressions se succèdent dés le 12/10 et jusqu’à la fin du mois ; après chaque dépression nous avons réellement l’impression d’avoir descendu une dizaine de marches vers l’hiver : les températures chutent, la pluie est froide et hivernale.
En fait la mer Ionienne se vide de son énergie ; les dépressions orageuses se creusent sur place, viennent en butée sur les îles de l’ouest de la Grèce où elles déversent des trombes d’eau. Lorsque ce ne sont pas ces dépressions, c’est celle de Gènes, qui, lasse de stationner sur son ère de jeu favori entre Corse et Alpes, prend la route du sud et vient nous arroser copieusement
Bilan : nous avons compris pourquoi les îles de mer ionienne et tout particulièrement Corfou, sont si vertes alors qu’à quelques milles plus à l’Est, en Albanie par exemple, les paysages ressemblent à des déserts arides.

Tout ceci nous le partageons avec d’autres équipages, qui ont la même analyse et qui, déçus par ces conditions météo, écourtent leur périple ou, pour la plupart, remettent à l’année suivante leur visite ; ils laissent alors leur voilier en Grèce pour l’hiver et reviennent naviguer au printemps suivant. Les ports se vident de leurs bateaux, les terre-pleins se remplissent …Les plaisanciers rentrent, pour la plupart en Europe du Nord, pour y passer l’hiver en Famille.
Evolution du programme de navigation :
Après deux semaines bloquées début septembre pour cause de moteur, nous avions décidé de supprimer la Turquie et d’être le 01/11 à Corfou, prêts pour regagner l’Italie.
Fin septembre, le meltem nous bloque au sud du Péloponnèse à deux jours de la Crète : la météo prévoit 7 jours de meltem non stop à Force 7 /8; nous décidons de supprimer du programme la Crête et les Cyclades : Dieu merci car Octobre sera un mois particulièrement venté dans les Cyclades cette année et nous n’aurions pas pu tenir l’échéance du 01/11 à Corfou si nous avions persisté dans notre programme.
La deuxième semaine d’Octobre : prise de conscience de ce que pourrait être la météo en Automne cette année.
Il s’avère que depuis début septembre, les caprices de la météo font que nous sommes de plus en plus souvent bloqués dans les ports, situation quasiment inconnue pour Fleur de Lune de mai à septembre ; la conséquence majeure de cet état de fait est que la distance parcourue chaque mois diminue de manière impressionnante ; nous avons donc des difficultés pour appréhender les conditions météo et les distances que nous pourrons parcourir pendant les mois à venir.
Nous avons raisonnablement revu nos prétentions largement à la baisse ; nous avons décidé de reprendre le chemin du retour beaucoup plus tôt que prévu et pourtant, à cette heure nous n’avons qu’une visibilité limitée sur la faisabilité de la suite du programme.
Une chose est certaine, à aucun moment et sous aucun prétexte nous ne sacrifierons quoique ce soit à la sécurité du navire et de l’équipage : c’est la Règle sacro-sainte à bord.
Octobre : le mois des rencontres et des amis afin de nous aider à ne plus naviguer avec Balthazar
Nous avions pris l’habitude de naviguer de concert avec M’Balthazar depuis notre rencontre à Mazagon, prés de Cadix sur la côte Atlantique. Nous avons dû parcourir ensembles quelques 3000 Milles nautiques et, lorsqu’à Lefkas, nos chemins se séparent parce que c’est là qu’ils vont prendre leurs quartiers d’hiver, on ne peut pas dire que les cœurs soient en fête.
C’est la règle du jeu : en croisière, les équipages se rencontrent, sympathisent très vite, allant parfois jusqu’à se lier d’amitié, mais savent qu’un jour les routes divergent. Les liens resteront forts, plus forts que dans la plupart des rencontres « terrestres ».
L’autre loi, c’est celle de l’entraide. Tous les équipages, (nous parlons de ceux qui naviguent au long court, pas de ceux qui viennent pour deux semaines sur des bateaux de location) mesurent combien ils ont besoin les uns des autres, combien une erreur d’appréciation peut compromettre la suite du voyage. Alors personne n’est avare en informations ou en coups de mains lorsqu’il faut plus de bras pour une manœuvre un peu physique ; dés la première rencontre nous nous refilons les tuyaux en tous genres, les bons mouillages, les « faux bons » abris pourris où les ancres décrochent à la première risée, les bons plans pour réparer, les bons artisans locaux (et les mauvais à éviter) et bien entendu les bonnes tavernas, celles où on mange bien et celles où on fait bien la fête .C’est ainsi que nous nous souviendrons longtemps de ce gaillard , navigateur français , un vrai balaise, qui , lors d’une arrivée par vent musclé à Katacolo, a sauté sur Fleur de Lune pour nous aider à l’amarrer , sans que je ne lui demande rien, sans que nous ne nous connaissions ; Fleur de Lune,une fois de plus s’en tire sans la moindre éraflure…
Tout ceci est pour nous un retour aux fondamentaux des règles de vie en communauté. Rien à voir avec les us et coutumes « professionnelles » et les habitudes de la vie citadine : on ne juge pas le voisin ; on ne veut même pas savoir qui il est ; la seule chose qui compte c’est qu’il va sur la mer, et que nous connaissons les mêmes situations .Tout échange sera riche pour les deux. Chacun doit profiter des expériences de l’autre.
Bref, revenons à nos moutons; nous venons de quitter M’Balthazar avec tristesse et nous sentons un peu seul. Mais ça ne va pas durer car Octobre va être particulièrement riche en rencontre :
Dés le lendemain de notre départ de Lefkas, vers le Sud, nous faisons la rencontre de Christine et Jean-Pierre à Paros sur leur petit voilier de 9.00m. Nous passons deux jours bord à bord à attendre dans le port que les orages passent. Nous sommes admiratifs devant la forme physique de Jean-Pierre qui chaque jour va pêcher en plongeant en apnée.
Quelques jours plus tard nous amarrons Fleur de Lune à Kalamata prés d’un gros fifty qui bat pavillon français Le marinero parle fort, tout juste si il ne nous engueule pas alors que notre manœuvre d’accostage est « clean ». Mais à bord du Fifty « Pacha » il y a un chef de bord encore plus « grande-gueule » que le marinero. Dans ma tête : « où sommes nous tombés ? Ça promet »
Mais quelque chose est étonnant : sur ce fifty dont Gérard , le skipper, a le verbe si haut , c’est le défilé permanent ; un peu comme l’auberge du bon samaritain .On dirait qu’ici tout le port vient à bord de ce fifty pour partager un moment et on rigole toujours . En fait il y a là, non pas un samaritain mais deux. Danielle, femme de théâtre comique dans la Vie comme au Travail rivalise avec Gérard, commercial à la criée de son métier, dans les envolées théâtrales Ils ne t’offrent qu’une chose : la bonne humeur. Mais lorsque tu redescends de leur bord la Vie te parait si simple et facile. Tu as même tellement rigolé, que tu dois vérifier que tu n’as pas pissé dans ton froc. Là aussi , grande leçon d’enthousiasme, pour un couple qui s’est rencontré très tard, à un âge où on est grands-parents …et qui en a affronté « des vertes et des pas mûres »
A Kalamata, cet été, si tu rencontrais Danielle et Gérard, tu rencontrais forcément Martine et Guy sur TOPSY ; inséparables les deux bateaux et les deux couples de retraités.
Là nous ne faisons pas dans le théâtre comme sur Pacha ; nous jouons plutôt dans la discrétion efficace ; lorsque nous arrivons à Kalamata ils viennent de passer trois semaines bloqués dans le port suite à une panne moteur majeure. Ils s’apprêtent à « remonter » vers le nord car pour eux comme pour nous, il est trop tard pour passer en Crête Nous quittons Kalamata le même jour pour aller à Pilos. Finalement Fleur de Lune et TOPSY ne se sépareront plus jusqu’à Messolonghi. Nous allons passer ensembles prés d’un mois et découvrirons Santorin et les Météores en leur compagnie avec des apéros presque quotidiens, le soir venu, histoire de refaire le monde.
A Messolonghi, nous sommes amarrés depuis deux jours, pour préparer l’arrivée de notre petite famille lorsque vient s’amarrer au ponton ALIBI, un bateau à moteur très particulier, un trowler. Nanou et Guy sont français ; mais eux, ils ont deux particularités et non des moindres : premièrement ils sont « Païs » ils ont vécu jusqu’à ces dernières années à Saint-Nazaire, leur famille habite toujours sur les bords de la Vilaine et ils y ont construit eux-mêmes leur bateau. Nous connaissons les mêmes lieux, la même mer de Bretagne Sud etc… Deuxièmement : ils ont construit leur bateau après avoir voyagé au long cours à travers l’Atlantique, jusqu’en Amérique du Sud. Leur connaissance de la grande croisière est énorme et ils nous en font spontanément profiter à un moment où nous avons une stratégie de navigation à mettre au point pour la partie retour de notre voyage.
A bord d’Alibi règne le calme, la sérénité .ZEN ; on en a vu d’autres …..
Au départ de Messolonghi, Martine et Guy nous ont donné les coordonnées de Kaat et Erick qui hivernent à Lefkas. Lorsque nous arrivons à Lefkas, le marinero nous attribue une place qui, comme par hasard, se trouve sur le même ponton que « NEHALINNIA » . Dés que nous avons mis pied à terre, nous sommes allés à la rencontre de Kaat et Erick. L’accueil fut tel que prévu. Ils sont venus de Belgique sur un tout petit bateau (8.5m). Nous avons toujours été admiratifs devant ces équipages qui naviguent sur de petits voiliers car les conditions de vie y sont souvent spartiates, beaucoup plus que sur les très gros.
Mais il faut aussi reconnaître que lorsque vous réunissez une ancienne prof de gym et un prof de français, autant dire que vous êtes proche de « Esprit sain dans corps sain » Ces deux là ont une forme olympique et un esprit d’analyse remarquable. Ajouté au perfectionnisme d’Erick qui bat largement Jean Pierre dans ce domaine …..Les discussions seront donc riches, et variées et pour nous particulièrement importantes lorsqu’il s’agira de préparer notre navigation sur les côtes italiennes déjà parcourues dans les moindres recoins par ces deux là.
Lorsque nous quittons Lefkas, c’est pour Corfou. La marina est plus grande, plus impersonnelle. Mais là aussi nous avons la chance de rencontrer l’équipage d’Euphonie. Une famille de Français sur un 60 pieds en année sabbatique, comme nous. Eux, vont vers le Sud tandis que nous allons vers le Nord. Normalement, rien ne nous disposait à ce que nous rencontrions car ils battent pavillon Anglais. Mais un matin, un mec, nous interpelle en français pour nous dire que « Fleur de Lune est un magnifique voilier dans un état exceptionnel, nous ne pouvons qu’être flattés et il n’en faudra pas plus pour que le soir même
Véronique et Jean-Marc soient à bord et nous buvons un pot à bord en compagnie, bien entendu de Stéphane et Marie. Et là nous constatons que nous avons navigué dans le même club de la Grande-Motte à l’époque où nous vivions à Avignon, que nous avons les mêmes copains voileux sur la région du Languedoc mais aussi sur Lyon.
Mêmes copains, même approche de la voile, les deux équipages en année sabbatique : la rencontre sera brève car après un mois de blocage à Corfou ils doivent reprendre la mer pour aller passer Noël à Port-Saïd, mais elle sera intense avec promesse de se rencontrer à nouveau dans quelques mois en France, au retour.

Octobre , ce sera aussi le mois de La Famille et des amis.
D’abord il y aura la visite de Itsane et de ses parents du 31/09 au 11/10 : « que du Bonheur » en famille sous les rayons du dernier soleil d’été.
Itsane a beaucoup grandi depuis que nous ne l’avions pas vue. Nous avons donc dû apprendre à faire connaissance. Elle découvre une autre mamy et un pépé qu’elle ne connaissait pas et nous un bout de chou qui a déjà un caractère affirmé. Pendant une semaine et demie elle sera le centre du monde. Nous ne naviguons pas : difficile de naviguer sur un voilier sportif avec un enfant en bas âge. C’est aussi pour nous l’occasion de faire un break après six mois en mer, à mi-parcours Donc ensembles nous ferons du tourisme à terre.
Lorsqu’ils partiront, les cœurs seront très gros et nous constaterons une fois de plus que nous avons une bonne étoile car à l’instant où ils nous quittent à l’aéroport, nous retrouvons Brigitte et Yves qui arrivent pour une semaine et demi de navigation. Grâce à leur entrain et leur dynamisme, il n’y aura aucun instant pour les apitoiements et c’est tant mieux.
La météo n’aura pas été de la partie pendant leur séjour. Alors, managés par Brigitte, nous voici embarqués dans un tourbillon d’activités touristiques. Conclusion de J Pierre : Brigitte a dû être une enfant hyperactive. Les parents ont dû souffrir … Mais pour nous c’est une leçon d’enthousiasme Quant à Yves, la force tranquille, il vient pour manger des écoutes ; la météo ne lui sourit pas ; Qu’à cela ne tienne, nous nous enrichirons de découvertes que nous n’aurions pas faites si nous avions navigué ….Bravo et merci.
Du 24 au 31/10, c’est au tour de Marie et Stéphane de participer à l’aventure de Fleur de Lune. Avec eux nous allons naviguer entre Lefkas et Corfou dans des conditions automnales mais ensoleillées. Rien à voir avec les navigations musclées vécues ensembles pendant l’été 2008 à travers le Golfe de Gascogne à bord de Fleur de Lune. Après trois jours de navigation, une petite panne moteur bloque Fleur de Lune au ponton. Il nous faut absolument réparer avant de traverser vers l’Italie. Ils mettront à profit cet arrêt pour visiter l’île de Corfou. Nos écolos en repartiront satisfaits et reposés par leur séjour au soleil mais convaincus que la Grèce doit faire encore bien des progrès en terme de protection de l’environnement. Excellente analyse, partagée.


Quelques unes de nos découvertes en GRECE.


DELPHES
Site au nord du golfe de Corinthe, à une dizaine de kilomètres de la mer, qui surplombe une magnifique vallée entièrement recouverte d’oliviers



et encerclée de montagnes calcaires où se dressent des cyprès et des pins aux différentes nuances de vert.
La ville est composée de deux rues parallèles à flanc de coteau, l’une est entièrement vouée au tourisme avec une succession de bijouteries, de magasins de souvenirs et de restaurants ; l’autre est quelconque.



Nous visitons au pas de course le musée car celui ferme à 15 heures pour cause d’élections en ce dimanche en GRECE. Dommage car de nombreuses pièces archéologiques telles que le Sphinx, Cléobis et Biton,……et des commentaires en langue française auraient mérité que nous y consacrions plusieurs heures.



Nous ne pourrons pas visiter l’amphithéâtre et le temple d’Apollon car ceux-ci sont aussi fermés.
Nous nous dirigeons vers le site archéologique en contre bas, libre à la visite où se situent le temple d’Athéna relativement bien conservé et le site du gymnasium.










Nous pouvons regretter une mauvaise mise en valeur et un mauvais entretien de cet endroit, et nous nous demandons si les grecs sont très attachés à préservation de leurs sites archéologiques ; feraient-ils seulement le minimum vital pour recevoir les touristes sur des lieux mondialement connus où des norias d’autobus se succèdent.


OLYMPIE
Situé dans la province d’ILIA au Nord-Est du Péloponnèse, nous trouvons ce site beaucoup plus grandiose et émouvant que DELPHES. Nous le visiterons deux fois, une fois avec nos enfants sous un soleil de plomb et une fois avec nos amis sous la pluie.
Un musée dont l’entrée est gratuite retrace l’histoire et le déroulement des Jeux Olympiques antiques.
Dès le début du 3ème millénaire avant JC apparaissent les premières activités athlétiques en Egypte et Mésopotamie, mais c’est au 2ème millénaire avant JC que les Crétois, sous la civilisation minoenne, les ont développées et inscrites dans le cadre de manifestations religieuses.
A Olympie, l’apparition des premiers jeux olympiques se situe au VIIIème siècle avant JC. Les jeux antiques furent célébrés pendant 1169 ans, de 776 avant J.C. à 393 après J.C. date de l’abolition proclamée par Théodose I. Chaque période de Jeux était l’occasion d’une trêve entre les peuples, toujours respectée.
De tout temps le site fut entretenu et développé même sous la dernière période qui fut une période d’occupation romaine.
Au début ils se déroulaient sur une seule journée avec les épreuves gymniques (lutte, pugilat, lancé de poids). Avec l’introduction des courses de chars une journée fut ajoutée, puis une nouvelle journée avec la participation des enfants. Vers la fin, les jeux se déroulaient sur 5 journées pour permettre une meilleure organisation car les participants étaient de plus en plus nombreux. La participation et la présence des femmes étaient absolument interdites, exceptée pour la grande prêtresse qui se tenait sur l’autel des déesses situé sur le talus nord du stade.
Ce musée contient aussi une multitude d’objets bien conservés.
La visite en premier lieu de ce musée est pertinente, car elle nous permet de mieux comprendre la structure du site antique avant la visite à pied.
Celui-ci est impressionnant par son étendue et son calme. Les séismes et les pillages successifs ont vraiment mis à mal les constructions qui devaient être imposantes.
Nous déambulons en toute sérénité aux milieux des vestiges
et des arbres qui procurent une fraîcheur espérée, en imaginant ce que pouvait être le gymnasium, le temple d’Héra, le temple de Zeus (le plus imposant), les thermes, etc.…….et bien sûr le stadium où une pointe d’émotion apparaît car c’est l’endroit le mieux conservé et où nous pouvons imaginer assez facilement le déroulement des épreuves. Un petit bémol, nous regrettons qu’aucun commentaire ne soit en français, un audio serait le bienvenu…, et de plus, je trouve que le site n’est pas mis en valeur : nous ne pouvons que regretter de voir des orties, des mauvaises herbes et quelques sacs en plastique.
Le 22 octobre 2009 a eu lieu sur ce site le départ de la flamme olympique vers Vancouver au Canada, et c’est à la télévision grecque, dans un magasin de sport, que nous avons pu suivre une partie de la manifestation, en direct, et en présence d’un marathonien grecque (le patron du magasin) qui a eu l’honneur de porter deux fois la flamme. Avec un peu d’émotion nous avons revu le stadium où les officiels et la foule étaient installés et le temple d’Héra où se déroulait une chorégraphie retraçant les jeux antiques….
La visite se termine par le musée du site archéologique où sont rassemblés les statues ou fragments de statues retrouvés sur le site. Ce musée est d’une grande richesse, nous retrouvons en grandeur nature les deux frontons du temple de Zeus avec suffisamment de vestiges pour se faire une idée précise du chef d’œuvre en marbre, les scènes des douze travaux d’Hercule qui sont plus détériorées, la statue d’Hermès pratiquement intacte, une salle entièrement consacrée aux statues des empereurs romains et de leur proches, statues qui proviennent du Nymphaion, et multitudes d’autres statues en marbre ou en bronze.

LES METEORES
Autre lieu, autre site, et c’est avec Guy, Martine, Brigitte et Yves que nous partons à l’assaut des montagnes grecques du Nord Est découvrir les météores. Première escale à METSOVO, village typique des montagnes avec des toits en lauzes, de solides maisons en pierres, des magasins de vêtements d’hiver, une grisaille et une pluie presque hivernale – dépaysement assuré après 5 mois de soleil estival et regret de ne pas avoir de bonnes chaussettes pour certaines….






Le land-rover de Guy et Martine nous permet de franchir de hautes montagnes où nous découvrons les stations de ski, puis redescente vers la plaine de Thessalie à une altitude de 300 mètres où se situent les météores.
Les « météores » (suspendu en l’air) sont un groupe de rochers abrupts couronnés de Monastères. Ce site, décrit dans le dépliant touristique comme étant unique au monde en tant que phénomène naturel, nous surprend et nous laisse ébahi devant la majesté de ces rochers et la prouesse technique des hommes qui ont érigé les monastères au sommet de ces pitons.

Au 11ème siècle, les moines vivaient dans des grottes,



au 12ème siècle a commencé l’organisation des cloîtres et c’est au 14ème siècle que fut fondé le 1er monastère sur un rocher qui se situe à 413 mètres au dessus du niveau de la ville de Kalambaka. Il y eu jusqu’à 26 monastères construits sur ces pitons rocheux et de nos jours il n’en subsiste que 6 en parfait état de fonctionnement.
Jusqu’à notre époque, ces monastères furent des lieux de refuge et de résistance contre divers assaillants, les moines y accédaient par des échelles volantes et des filets. C’est uniquement vers les années 1920 que furent taillées des marches dans les rochers.
Nous commençons notre visite par le plus grand monastère, « Grand Météore » en gravissant 115 marches. Une tenue décente est demandée aux femmes, nous avons déjà une polaire, un jean, mais cela ne suffit pas, il ne faut pas deviner l’entrejambe donc nous voici affublées toutes les 3 de tabliers très seyants. Bien entendu il n’est rien demandé à nos conjoints !!!!
Nous découvrons une église, un musée, des boutiques et des anciens lieux de travail et de vie des moines. La partie en activité ne se visite pas. Il règne une grande sérénité et un sentiment de bien être se dégage de ce lieu sauf dans l’église qui est très obscure, recouverte d’une multitude de fresques oppressantes.
Le lendemain, nous visiterons 2 autres monastères, celui de Saint-Étienne aujourd’hui transformé en couvent et celui de Varlaam.
Nous retrouvons, les mêmes structures à visiter, église, musée etc. Dans le couvent, nous sentons bien la présence de nonnes par un entretien parfait des lieux et un jardin magnifique....Les femmes sont toujours plus sensibles à la propreté , c’est bien connu…même chez les moines et les nonnes ….Le monastère de Varlaam nous a impressionné par son accès assez vertigineux (195 marches, un pont suspendu au dessus d’un précipice) et aussi par ses fresques sur fond noir à l’intérieur de l’église, certaines retraçant l’enfer assez crûment de quoi dissuader ceux qui auraient envie d’y faire un séjour …..
Nous terminerons notre visite de ce lieu par la découverte des ermitages et cellules suspendues en surplomb de la ville de Kastraki. Impressionnant !!!!!





En revenant vers Messolonghi, nous nous arrêtons à Ioannina, grande ville située sur le bord d’un lac portant le même nom. On se croirait au bord du lac Léman en tournant le dos à Genève !!!!

La vieille ville située derrière les remparts est à voir, avec des rues commerçantes et d’autres un peu moins mais tout aussi dépaysantes car d’un autre âge, délabrées, insalubres… c’est aussi cela la Grèce.



SANTORIN
Les Cyclades se sont refusées à nous par la mer en voilier, et bien, c’est « manager » par Brigitte que nous y allons en ferry pour découvrir Santorin (Thira pour les grecs), la plus célèbre, la plus belle…..
Merci à Brigitte qui, après l’écoute d’un bulletin météo plutôt déprimant, nous annonce avec son enthousiasme habituel « Allons à Santorin !!!» Elle parait tellement convaincue par sa proposition que personne n’ose s’opposer .C’est ainsi que quatre heures de bus et 9 heures de ferry à suivre nous amènent au petit matin en l’entrée du volcan de Santorin.
Pour ceux qui n’ont aucune idée de la configuration de l’île, prenez une carte, et vous verrez que cette île est en forme de fer à cheval avec une petite île qui ferme l’entrée à l’ouest, et en son centre s’élève un îlot ; en fait c’est un volcan dont le centre s’est effondré en 1450 avant J.C et plusieurs éruptions volcaniques jusqu’en 1928 après J.C. firent apparaître une île centrale dont le sol est encore chaud de nos jours.
Il est 7 heures ½ du matin, et nous sommes tous les 6 (Brigitte, Yves, Martine, Guy et nous deux) sur le pont du ferry pour admirer le paysage qui défile devant nos yeux.
A bâbord, nous découvrons des villages immaculés accrochés aux falaises vertigineuses de couleur marron et rouge ; à tribord, nous frôlons l’îlot central hérissé de lave noire.
Le ferry s’amarre au pied de la falaise. Là, tout est prévu pour le tourisme, un loueur de véhicule nous alpague et nous renseigne même au sujet des hôtels. Débarrassés des contraintes matérielles et l’esprit libre nous partons visiter l’île pendant 2 jours de météo clémente.



Nous visitons successivement Mégalochori,






Fira (capitale),







Oio qui se situent à l’aplomb du cratère et nous progressons dans la beauté des lieux.







Pour une fois les cartes postales n’offrent qu’un pâle reflet de la réalité. Un labyrinthe de ruelles à flanc de falaises où domine le blanc immaculé des maisons à l’architecture indescriptible, laisse apparaître des touches de couleur vive, bleu intense des coupoles, rouge et ocre de certains monuments, rose des bougainvilliers et l’arc en ciel des boutiques. Tout n’est que beauté, harmonie dans les couleurs et les formes et quelques photos parmi les deux cents que nous avons prises peuvent vous laisser imager la splendeur du site côté ouest. Oio est de loin le village le plus joli, car ici un effort considérable a été fait pour mettre en valeur le patrimoine ; par exemple ici les fils électriques et les poteaux ont disparus ce qui n’est pas le cas des autres villages.
La partie EST de l’île est plus décevante, nous découvrons une terre aride, où une vigne rabougrie essaie de survivre, où des constructions anarchiques pour le tourisme entachent le paysage.
Nous terminerons notre séjour par un joli coucher de soleil sur le volcan.